Nouveaux financements, massification du CPE, start-up pour accélérer la rénovation du parc public… Suite à la présentation du plan interministériel de rénovation énergétique fin avril, des professionnels ont exprimé leurs réserves, et leurs attentes.

  • Le Cler – réseau pour la transition énergétique qui rassemble 280 associations, collectivités, entreprises et organismes de formation – pointe lui un « plan rénovation (qui) pose les bonnes questions mais apporte encore peu de réponses ». Concernant le parc tertiaire, il déplore le fait que les « nombreuses mesures proposées, pour innovantes qu’elles soient (on note la proposition nouvelle de “start-up d’État” pour la rénovation des bâtiments publics) seraient déployées en parallèle d’un cadre législatif et réglementaire dont on sait qu’il sera largement dédié à la mise en place de dérogations et de modulations aux efforts attendus des différents types de bâtiments et d’activités ».

 

 

  • Même crainte affichée à la Capeb. Dans son communiqué, la confédération indique qu’elle se montrera prudente « sur le remplacement du crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) par une prime. L’immédiateté de cette forme d’aide pourrait avoir un effet plus incitatif, mais la mesure n’est ni chiffrée ni quantifiée. À ce stade, nous craignons que les pouvoirs publics ne décident seuls sans concertation et ne soient tentés de réduire encore les moyens alloués pour soutenir les particuliers ».

 

 

  • Après avoir estimé les mesures du Plan « encourageantes », l’association Promotelec rappelle que « l’amélioration des performances énergétiques du bâti, qu’il soit individuel ou collectif, public ou privé, résidentiel ou tertiaire, doit impérativement aller de pair avec l’amélioration de ses performances environnementales ». Pour elle, « le critère carbone doit être renforcé et rendu plus visible » dès maintenant.

 

  • Rénovons, un collectif rassemblant neuf membres*, dénonce « un effort insuffisant ». Entre « double tutelle ministérielle paralysante » et absence de moyens supplémentaires, absence de priorité donnée aux ménages précaires et « solutions lointaines pour les locataires ».

 

  • La Sem Energies Posit’if relève, dans un communiqué, l’absence de précisions concernant les dispositifs financiers ciblant les copropriétés. La société d’économie mixte de rénovation énergétique des copropriétés franciliennes propose notamment que le versement de la nouvelle prime CITE, accessible à partir de 2019, intervienne « au moment du vote des travaux en assemblée générale et non à la fin du chantier ».

 

  • Début mai, l’UFC-Que Choisir, qui avait pointé les limites du DPE ou de la mention RGE , à plusieurs reprises, a reconnu des « avancées », suite aux annonces ministérielles. Alain Bazot, son président, met cependant en garde : « La confiance nécessaire au bon fonctionnement et développement du marché de l’efficacité énergétique ne se décrète ni ne se gagne grâce à la seule annonce d’objectifs ambitieux… elle doit se construire sur la base de règles claires de responsabilité et de mesures concrètes qui obligent les professionnels ».

 

  • Enfin, le collectif Luciole Énergie, qui compte cinq spécialistes de l’efficacité énergétique parmi ses membres fondateurs**, « salue le pragmatisme de cette nouvelle approche », favorisant les solutions innovantes. Le groupe d’entreprises réclame cependant la mise en place du carnet numérique du bâtiment, grand oublié du plan, le développement de l’accessibilité des données énergétiques du parc immobilier et le soutien « aux actions permettant de consommer de manière plus intelligente (développement des énergies renouvelables, autoconsommation, effacement, stockage…) ».

*Cler, Effy, European climate foundation, fondation abbé Pierre, fondation Schneider electric, Réseau action climat, Secours catholique et Soliha.

**Deepky, Effy, Eqinov, opéra énergie, Qarnot computing.