Le nouvel « Observatoire de la construction tech » publie un état des lieux détaillé du marché du smart building, et de son potentiel de développement dans les prochaines années. 

À quoi ressemblera le bâtiment intelligent en 2021 ? Sur quels acteurs reposera-t-il ? Ce sont à ces questions, et à bien d’autres, que répond l’étude publiée par l’Observatoire de la construction tech, en partenariat avec le cabinet Xerfi. Créé par Batimat et Gimélec, ce tout nouvel observatoire – chargé de « décrypter les impacts de la digitalisation du secteur du bâtiment » – s’est en effet penché sur « la massification attendue du smart home et du smart building ». 

Car si la définition du bâtiment connecté semble désormais partagée par le plus grand nombre – il s’agit d’un bâtiment doté d’une infrastructure dédiée et abritant des équipements connectés répondant à différents cas d’usage selon les experts interrogés par Xerfi – l’étude explore les grandes tendances d’un marché encore à ses prémices, alors que « 50% des cas d’usage (du smart building) n’existaient pas il y a 5 ans », relèvent les experts.

« Continuum d’expériences »

Et le phénomène devrait se poursuivre dans les prochaines années, en lien avec le développement exponentiel des technologies… mais aussi via la « porosité » accrue des fonctionnalités d’un logement et d’un bureau tous deux connectés. « Une majorité de cas d’usage sont ainsi vécus aussi bien dans la vie professionnelle que dans l’habitat. Ce continuum d’expériences donne aux opérateurs l’occasion d’élargir constamment leurs offres pour répondre aux nouvelles attentes des usagers/habitants en matière de confort, d’économies d’énergie et de sécurité », notent les experts. 

Ce rapprochement devrait également s’opérer avec le monde automobile. Selon l’étude toujours, « le véhicule tend de plus en plus à devenir la partie mobile du logement et du travail. Ce continuum d’expériences basé sur le confort et les services favorisera amplement le développement des marchés du smart home et du smart building ». 

« Drivers du marché »

L’étude se penche également sur les bâtiments « pionniers » en matière de connectivité. Sans surprise, il s’agit des bâtiments non résidentiels de haute technicité (bureaux, commerces mais aussi établissements de santé, entrepôts logistiques). Cependant, le « plus grand gisement » du marché se trouve dans la rénovation énergétique du parc tertiaire : en France, seuls 8 à 10% des bâtiments tertiaires disposent d’une GTB, estiment les auteurs. 

Dans le logement neuf, ils anticipent également « une accélération sans précédent dans les deux ans qui viennent » de la maison intelligente. Essentiellement sous l’influence des « principaux acteurs de la promotion immobilière » : « Certains d’entre eux prévoient déjà de vendre 100% de logements neufs connectés à partir de 2021 », indique ainsi l’étude. 

Freins et pistes de développement

La route ne sera pas sans embûche cependant pour les professionnels du bâtiment intelligent. De nombreux freins subsistent : manque d’interopérabilité entre solutions, retour sur investissement peu quantifiés, méfiance vis-à-vis de la protection des données personnelles ou encore l’impossibilité réglementaire d’échanger ou de vendre l’énergie produite… D’autant que les propriétaires comme les utilisateurs de bâtiment intelligent sont en priorité « en recherche de simplicité ». 

Les acteurs du bâtiment intelligent devraient donc miser sur une amélioration de leur offre, un assouplissement de la réglementation et la mise en place de partenariats, avec les énergéticiens notamment. D’autres pistes sont également évoquées, comme le développement de la location de l’usage (leasing) et l’utilisation d’enceintes connectées. 

 

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